L'intelligence sociale en danger. Chemins de résistance et propositions.

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Au cours du XXe siècle, un modèle social s’est imposé en France au prix de luttes parfois dures et longues. Beaucoup d’intelligence et de pugnacité ont été nécessaires pour penser et mettre en oeuvre une architecture pertinente, à la hauteur des enjeux. Celle-ci repose notamment sur quatre principaux registres interdépendants : les droits, les institutions, les savoirs et les actes de métier. Or les politiques mises en oeuvre ces dernières années opèrent une dislocation de ces différents registres, au nom du pragmatisme, de l’individualisation ou de la performance. En outre, la recherche effrénée d’économies s’accompagne d’un lot de publicités mensongères (qualité, libre choix, droit opposable…). Un intense travail de remise en cause des représentations du social et des valeurs de solidarité est passé par là, contribuant à affaiblir les pratiques de terrain et la culture politique propres au champ social, malgré la remontée préoccupante des inégalités. Comment y résister collectivement ?Poursuivant la réflexion entamée dans Trop de gestion tue le social (La Découverte, nouvelle éd. 2010), Michel Chauvière montre ici que notre héritage juridique, institutionnel, cognitif et professionnel, loin d’être la cause d’inutiles dépenses publiques et d’un assistanat chronique, constitue au contraire une ressource incontournable pour apporter une réponse solidaire et globale à la question sociale qui nous interpelle tous.

 

Michel Chauvière, directeur de recherche au CNRS, est membre du centre d’études et de recherchesde sciences administratives et politiques (CERSA), CNRS/université Paris-2. Il est notamment l’auteur de Le travail social dans l’action publique. Sociologie d’une qualification controversée (Dunod, 2004) et a codirigé avec Jean-Michel Belorgey et Jacques Ladsous Reconstruire l’action sociale (Dunod, 2006), puis, avec Michel Borgetto, Qui gouverne le social ? (Dalloz, 2008). Il a également contribué à de nombreuses publications collectives associant chercheurs et professionnels.

 

Collection : Cahiers libres – 280 pages – 21 €

  • Le « marché », ses intérêts et sa logique sont maintenant omniprésents dans nos sociétés. Dès lors que la société de marché mise sur un service public, trois effets peuvent survenir : des transformations dans la qualité du service, des...
  • "L’œuvrier" est celui "qui, aujourd’hui, au travail, dans son activité, dans sa vie, est disposé à faire œuvre" quel que soit le domaine, à agir avec art, création, imagination.        
  • A lire dans la revue Politis Dans Manifeste des œuvriers, Roland Gori, Bernard Lubat et Charles Silvestre interrogent les transformations du travail.
  • Interview de Roland Gori dans Télérama.