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Communiqué de la Conférence des Présidents de CME de CHU - Mardi 15 mars 2011

La Conférence des Présidents de CME de CHU refuse le démantèlement du service  public hospitalier

La Conférence des Présidents de Commissions Médicales d’Etablissements des CHU est la représentation élue des communautés médicales hospitalières et hospitalo-universitaires qui se consacrent au service public hospitalier pour assurer la meilleure prise en charge possible des malades, en particulier des cas les plus difficiles.

 

En de multiples occasions, la plus récente étant l’élaboration de la loi HPST, elle a fait preuve de sa volonté de faire évoluer les hôpitaux publics vers de meilleures performances au service de la population et démontré son investissement dans le renouvellement des pratiques médicales hospitalières.

 

Elle s’inquiète et s’indigne de la remise en cause du service public qui se trouve démembré sous forme de missions dont l’attribution est laissée à la discrétion de la représentation régionale de l’Etat.

 

Alors que tous les CHU ont adopté une politique d’amélioration de la qualité des soins tout en s’engageant dans des restructurations souvent très difficiles qui ont très nettement amélioré leurs résultats financiers, la réponse des pouvoirs publics consiste en une remise en cause du financement de leurs missions les plus fondamentales.

 

La diminution des tarifs hospitaliers publics est en effet vingt fois supérieure à celle du secteur privé. Il s’agit là d’une injustice flagrante, les hôpitaux publics étant contraints par des règles de fonctionnement nettement moins souples et assumant leurs missions sans réserve d’aucune sorte.

 

Le financement des activités d’intérêt général et d’aide à la contractualisation est amputé de 350 millions d’euros. De plus, 60 millions d’euros de l’enveloppe finançant la permanence des soins dont l’hôpital public est le garant en tous domaines sont détournés de leur attribution initiale.

 

L’ouverture du secteur libéral à la formation des internes, qui est présentée comme une nécessité, ne fait que dissimuler l’insuffisance des financements dont dispose le service public dans le domaine de l’acquisition des compétences…

 

Toutes ces évolutions témoignent d’une volonté inavouée mais délibérée des pouvoirs publics de détruire l’organisation actuelle du secteur public hospitalier. Les CHU représentent l’excellence en termes de soins de recours et de référence, d’innovation comme de formation et de recherche, ils exigent de disposer des moyens leur permettant de poursuivre ces missions. Ils n’acceptent pas d’être traités avec mépris sans qu’il soit tenu compte de leur place dans la société et de leur investissement au service de la collectivité.

Par Roland Gori, à lire dans Libération