La santé totalitaire : Essai sur la médicalisation de l'existence

Roland Gori, Marie-José Del Volgo

Comment peut-on être malade aujourd'hui avec une médecine qui transforme lepatient en consommateur, sans souci authentique pour sa souffrance psychique? L'oubli du malade dans la médecine contemporaine semble être le prix à payer pour des soins toujours plus rationnels et scientifques. L'exploration du corps humain, le diagnostic précoce des maladies, l'acharnement à les combattre par des traitements douloureux et invasifs, exproprient «pour son bien» le patient de son corps. À travers des protocoles de diagnostic et de soins très standardisés, à travers le contrôle social de nos existences par une surveillance médicale accrue au nom de la santé Comment alors restituer au patient sa valeur de sujet et ses droits pour éviter de le transformer en marchandise au proft des industries de santé? Comment concilier les exigences de la médecine scientifque et sa nécessaire vocation «thérapeutique», c'est-à-dire humaniste ?

Violence à l'école - des violences vécues aux violences agies

Ouvrage collectif dirigé par André Sirota

Se repérer : regards sur les violences à l'école, le renversement des liens entre violence et école : de la politique à la police. Approfondir : représentations des faits de violence et de leur gravité chez des collégiens d'une ZEP, un élève a été humilié, des défenses symbiotiques contre la violence à la parole différenciatrice en équipe, l'éducation des jeunes handicapés, dimensions de la conflictualité en établissement, rapport à l'autorité et contextes pédagogiques, un outil diagnostic des difficultés de communication entre élèves et professeurs au Chili, la violence de genre dans l'éducation à la citoyenneté au Mexique, de " l'éducation " totalitaire en Roumanie à la violence actuelle en milieu scolaire.

Mais pourquoi tant de haine ?

Elisabeth Roudinesco, Guillaume Mazeau, Christian Godin, Franck Lelièvre, Pierre Delion, Roland Gori.
Mais pourquoi tant de haine ?

Ouvrage collectif dirigé par Elisabeth Roudinesco, Guillaume Mazeau, Christian Godin, Franck Lelièvre, Pierre Delion, Roland Gori.

En avril dernier, Elisabeth Roudinesco (historienne, directrice de recherche, habilitée à diriger des recherches, Université Paris-Diderot) a réfuté honnêtement et sans insultes ad hominem l'argumentation développée dans un brûlot contre Freud rédigé par Michel Onfray. Outre ses erreurs et l'invention de faits qui n'existent pas, cet ouvrage bafoue les règles de la méthodologie historique et philosophique. Et il n'est pas le seul! Depuis plusieurs années en effet, on a vu se multiplier de telles publications en lieu et place d'une pensée rationnelle.

Mais voilà que maintenant, l'auteur du brûlot, qui devait bien s'attendre à quelques modestes critiques, attaque, sans le moindre humour, tous ceux qui osent ne pas penser comme lui. Il s'énerve et refuse le débat contradictoire en se disant persécuté : l'arroseur est arrosé.

Le politique, fin de règne

Daniel Le Scornet

2012, 2017 « Laissez-nous faire, on se prépare ! » Un bon programme et cette fois-ci, c'est promis, ça va changer.
Qui peut encore y croire à cette fonction-là de la politique ? Vous y croyez, vous ?
Non, mais comment faire ? Une autre fonction de la politique, du politique est-elle possible ? Un autre imaginaire démocratique ? Cette vision des pouvoirs en surplomb de la société est datée. Elle ne fonctionne plus. Or, des pouvoirs, et non de simples contre-pouvoirs, il en est partout.
Et si nous nous autorisions à les prendre ?

La part du rêve dans les institutions régulation, supervision, analyse des pratiques

Claude Allione

Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger. On appelle cette évaporation : "la part des anges". Jour après jour, le paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette compensation : l'"ouillage". La plupart des grands vins qui réjouissent nos coeurs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui l'entretient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, et finalement se mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve qui semble être une perte de prime abord ; mais cette perte est indispensable, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité. Cette perte est en définitive un gain. Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des pratiques selon deux points de vite différents : rendre compte d'une pratique d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoignage ; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.